Appel à contributions

Recueil thématique « Musique et données » 

Le CNMlab 

Présentation 

Le Centre national de la musique (CNM), établissement public créé le 1er janvier 2020, a pour missions de soutenir dans toute sa diversité la filière de la musique et des variétés en France, d’informer et de conseiller les professionnels, d’assurer une veille technologique et de soutenir l’innovation. La loi du 30 octobre 2019 lui a également confié la mission de mettre en place un observatoire de l’économie et des données de l’ensemble du secteur.

Le CNMlab est le laboratoire d’idées du Centre national de la musique : il produit de la réflexion afin d’orienter l’action de l’établissement mais aussi et surtout dans le but de diffuser la connaissance, gratuitement et le plus largement possible. Son programme de recherche est complémentaire aux études du CNM et couvre une large variété de sujets (modèles économiques, pratiques musicales, diversité, transition écologique, économie numérique, santé, Europe, patrimoine, innovation…), en lien avec l’actualité et les enjeux qui se présentent aux acteurs de la filière musicale. En particulier, le CNMlab entretient une relation étroite avec le monde universitaire, s’appuyant sur un Conseil scientifique qui assure en amont un suivi des travaux.

De plus amples informations sont disponibles aux liens suivants :
À propos
Le conseil scientifique
Le CNMlab : éclairer l’avenir de la filière musicale et des variétés

Objectifs 

Les objectifs des commandes du CNMlab sont multiples :  

  • vulgariser et publiciser avec rigueur le sujet auprès d’une large audience allant du grand public aux opérateurs publics, en passant par les professionnelles et professionnels de la musique et des variétés, les médias et les experts du secteur. Les contributions doivent trouver un équilibre entre la vulgarisation et la montée en généralité. Il s’agit de rendre accessibles des aspects techniques, des concepts théoriques ou un vocabulaire scientifique, en s’appuyant notamment sur des cas concrets de pratiques et sur des exemples de situations spécifiquement musicales. Mais il s’agit aussi de prendre de la hauteur par rapport aux réalités de terrain, méthode à l’appui ;
  • aider l’établissement dans sa réflexion, pour mieux comprendre les problématiques en jeu : il s’agit à la fois de cartographier l’existant (acteurs, usages, instruments, etc.), ainsi que de rendre compte des conséquences existantes ou potentielles pour la filière musicale ;
  • se projeter vers l’avenir et explorer de nouveaux terrains : sans nécessairement la placer au centre de leur propos, les contributions doivent intégrer une dimension exploratoire qui donne des éléments pour appréhender le futur. Cette dimension exploratoire peut prendre la forme d’une véritable prospective, d’une conclusion ouverte, d’une esquisse des tendances actuelles, ou encore de pistes de réflexion pour faire avancer le sujet (sous forme de recommandations de politiques publiques par exemple). Les approches historiennes rentrent largement dans ce cadre, dès lors qu’elles éclairent les situations présentes et à venir.

À noter que l’équipe du CNMlab constitue un centre de ressources pour les contributrices et contributeurs, mettant à disposition ses expertises et favorisant les mises en contact avec les acteurs de la filière, l’accès à des données, à des terrains et à de la documentation.

Le règlement de l’appel à contribution 

Le présent appel s’adresse à des contributrices et contributeurs de tous horizons, français comme internationaux, avec deux principaux profils : des personnalités liées à la recherche (doctorants et post-doctorants inclus), ainsi que des spécialistes et experts issus de la sphère professionnelle. Le CNMlab est ouvert à toute discipline, avec différentes méthodologies et approches, tant qualitatives que quantitatives : l’histoire, la philosophie, l’économie, la sociologie, la musicologie, la gestion, les sciences de l’information, la géographie, l’anthropologie, la statistique, les sciences politiques, les data sciences

La première séquence d’évaluation, portant sur les propositions de contributions (voir calendrier), sera assurée par le conseil scientifique et par l’équipe du CNMlab. Ces derniers s’assureront de la pertinence et de la complémentarité des articles proposés. Ils porteront également une attention particulière à la rigueur des travaux engagés : pour les chercheuses et chercheurs, il s’agira d’exposer dans la note d’intention la méthode déployée (bien que la description des protocoles de recherche ne sera pas reproduite dans l’article), les terrains investigués et le matériau récolté (ou à venir) ; quant aux professionnelles et professionnels ayant développé une expertise, seront scrutés le sérieux et la précision du propos.

Pour les contributions issues de la recherche, il peut s’agir de valoriser de manière originale et recomposée des travaux déjà existants. Néanmoins, le CNMlab sera particulièrement attentif aux nouveaux projets de recherche et aux contributions originales : le texte proposé ne devra pas avoir été publié auparavant. Dans le cadre de nouveaux travaux de recherche, l’établissement ne se réserve d’ailleurs pas d’exclusivité sur les matériaux et résultats produits : ils ont tout à fait vocation à être développés et valorisés dans des publications scientifiques ultérieures.

Douze propositions de contributions seront retenues pour publication.

À l’issue des travaux, une révision sera organisée avec un comité de relecture composé des équipes du CNMlab, de la présidence de l’établissement et de membres du conseil scientifique (voir calendrier).

Le projet « Musique et données » 

Thématiques 

Avec la révolution numérique, les données numériques collectées à grande échelle (big data) se sont imposées comme une ressource stratégique, parfois incontournable, ayant largement pénétré le champ musical. Les nouveaux usages qui en découlent s’installent petit à petit dans les pratiques professionnelles, tout en restant parfois obscurs pour les acteurs de terrain aussi bien que pour le grand public. Autrement dit, si l’usage des données numériques dans la musique fait apparaître des opportunités, il fait également naître des questions.

Tout sujet se rapportant aux liens entre l’écosystème musical et les données numériques est le bienvenu, le recueil de contributions « Musique et données » vise à appréhender une large variété d’enjeux liés aux données :

  1. Le premier axe d’investigation concernera la collecte et la qualification des données. Ces dernières peuvent être issues de la consommation ou issues de la qualification de l’œuvre par les différents acteurs de la création, production, distribution et diffusion de musique, à la fois dans le domaine du spectacle (billetterie, interactions avec le public…) et de la musique enregistrée : elles peuvent alors porter sur la structure des morceaux, leur genre musical, leur rythme et métrique, le timbre… Une fois ces données collectées, elles viennent nourrir les métadonnées exploitées par les acteurs de l’industrie (plateformes, distributeurs, organismes de gestion collective…).
    Quelques questions et problématiques peuvent illustrer cet axe : comment fonctionnent la collecte et la qualification des données dans la musique vivante ou enregistrée ? Avec quels succès et quels angles morts ? Qui en sont les acteurs et comment rentrent-ils en compétition ou à l’inverse collaborent-ils à l’instauration de pratiques communes ? Quels sont les enjeux légaux et juridiques concernés ? Comment gérer l’ampleur toujours plus grande des données récoltées ? Comment converger sur le traitement des métadonnées ? Comment mettre en place des bases de données et des indicateurs communs sur la musique, à des échelles locales, nationales et européennes ? Dans quelle mesure des structures publiques d’intérêt général ont-elles un rôle à jouer dans la collecte et l’exploitation de telles données ?

  2. Le deuxième axe d’investigation portera sur l’exploitation des données. Une fois collectées et traitées, les données viennent nourrir de nombreuses pratiques : sous forme algorithmique, dans le but de détecter des similarités entre titres ou encore d’améliorer la recommandation aux utilisateurs, pour l’écoute musicale ou pour la personnalisation de propositions, y compris dans le spectacle vivant, ou encore sous forme d’assistance à la création d’œuvres musicales.
    Quelques questions et problématiques peuvent traverser cet axe : comment la création musicale s’empare-t-elle de ces outils technologiques ? Où en est-on de la recommandation algorithmique, quelles influences, quels potentiels de découvrabilité, quels obstacles, quelle régulation existante ou possible ? Concernant la gestion des droits, quelles avancées et quelles limites dans la transparence des redistributions ? Quelles sont aussi les évolutions et les perspectives d’usages nouveaux des données numériques, notamment dans le contexte d’émergence d’un web3 ?

  3. Le troisième et dernier axe consistera à se pencher sur les risques et les différentes alertes déclenchées par les usages liés aux données dans la musique. Toute contribution insérée dans les axes précédents pourra naturellement inclure des dimensions d’alerte, de remises en cause et de critiques, mais cette section y sera tout particulièrement dédiée.
    Quelques questions et problématiques possibles sur cet axe : quelles difficultés peuvent constituer des barrières pour les acteurs de la filière, par exemple s’agissant des investissements à consentir ou des frais d’exploitation des données ? La donnée numérique risque-t-elle de formater l’écoute et la création ? Quels dangers et quelles exigences pèsent sur la gestion des données personnelles circulant dans le cadre de la consommation de musique ? Comment les protéger ? Comment assurer une exploitation équitable des données ? Et comment assurer des formes de transparence ? Quels sont les enjeux environnementaux qui sous-tendent leur chaîne de production ? Quelle régulation des acteurs pourrait être envisagée ?

Format 

Chaque contribution contiendra entre 35 000 et 50 000 caractères (espaces comprises) au maximum. La réalisation des travaux et la rédaction de l’onde peuvent être menées par une contributrice ou un contributeur unique ou à plusieurs.

Calendrier 

  • Avant le 29 juillet 2022, les contributrices et contributeurs sont appelés à envoyer une note d’intention à l’adresse suivante : cnmlab@cnm.fr. Ne dépassant pas 3 500 caractères (espaces comprises), elle devra présenter succinctement les autrices et auteurs, le sujet proposé, la méthode employée ainsi qu’une courte bibliographie (ou webographie) indicative. 
  • Début septembre, la sélection des propositions retenues par le CNMlab sera communiquée 
  • Avant le 19 décembre 2022, les travaux d’enquête et d’écriture devront avoir été réalisés, et les contributions devront être remises pour une première phase de relecture du fond. 
  • A la fin du premier trimestre 2023, les contributions retenues seront publiées sur le site du CNMlab et le recueil fera l’objet d’une impression d’un papier. 

Rémunération 

Les travaux sont rémunérés 1500€ TTC par contribution (et non par contributrice ou contributeur). 

Les projets retenus seront rémunérés soit sur facture soit par note de droits d’auteur et feront l’objet d’un contrat liant chaque contributrice ou contributeur avec le CNM.